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Fini la spiritualité qui nous prive du présent ? (EP 2/12)
PAS ICI, NI MAINTENANT
C'est dommage de ne pas voir quelqu'un qu'on attendait depuis des mois. C'était ma réalité.
Mais non.
La spiritualité qui empoisonne dit qu'il faut tout de suite chercher le "sens caché", pour ne surtout pas rester avec l’inconfort .
Ce mécanisme porte un nom : le déni.
Quand quelqu'un me dit "non, ce n'est pas dommage", plusieurs violences invisibles se glissent dans cette phrase :
Ton émotion n'est pas valide. Ce que tu ressens n'a pas le droit d'exister tel quel car il y a une façon "correcte" de ressentir.
Il y a toujours un "plan supérieur" que tu ne vois pas. Ta vision est limitée, myope. Si tu pouvais voir la vue d'ensemble, tu comprendrais le sens.
Tu ne dois pas ressentir du négatif. Déception, tristesse, frustration : l’inconfort doit être transformé immédiatement en “positif” sans passer par le corps.
La projection dans le "meilleur"
"C'est pour quelque chose de meilleur."
Un meilleur ailleurs, dans un futur. Pas ici, pas maintenant.
Cette spiritualité nous arrache au présent pour nous projeter dans un imaginaire consolateur. Elle nous empêche d'habiter pleinement notre expérience actuelle. Elle nous vole le moment présent et nous fait miroiter un futur "meilleur".
Mais qu'est-ce qui est meilleur ? Selon quels critères ? Et surtout : pourquoi ce qui se passe maintenant ne pourrait-il pas simplement être ce qui se passe, avec ses nuances, et ses parts de tristesse ?
Ce que ça révèle ?
Cette simple phrase, "non, c'est pas dommage", concentre des millénaires de conditionnement spirituel (des religions aux nouvelles spiritualités) qui nous a appris à ne pas valider notre ressenti.
Nous avons été entraînés à chercher à l'extérieur la validation de notre expérience.
C’est à dire à nier ce qui est, au profit de ce qui "devrait être".
C’est à dire à placer l'interprétation d’un idéal spirituel au-dessus de la sensation corporelle et émotionnelle, de l’émotion et du vécu.
Le résultat ? Nous sommes coupés de nous-mêmes.
Nous ne savons plus ce que nous ressentons vraiment parce que nous avons appris à étouffer immédiatement chaque émotion sous le couvert d’une "leçon spirituelle".
Nous avons perdu l'accès direct à notre expérience, la seule réelle, la seule qui nous ouvre vers notre singularité.
Et c'est là que commence le poison : à cet instant précis où l’on sacrifie notre singularité à un idéal.
La suite demain: Fini la spiritualité de la confusion ? (EP 3/12)